Partisan No16 • Le 27 janvier 2012
La fermeture définitive de la papeterie Papiers White Birch, l’usine Stadacona à Québec, pourrait mettre fin au travail de près de 600 salariéEs. Parmi ceux-ci, plusieurs verront leur pension de retraite grandement réduite, et ce au profit du propriétaire et de la direction de l’usine. Ces derniers ont d’ailleurs bien joué la carte de la «proposition inacceptable» faite aux syndiqués: une baisse salariale de 20% et des réductions des rentes de retraite de 45% à 65% – des mesures inacceptables rejetées à 90%. Le syndicat n’a pas eu le temps de faire une contre-proposition que la direction de l’usine annonçait la fermeture. Cela donne l’image que c’est ce refus des ouvriers qui a forcé les dirigeants de l’entreprise à fermer ses portes.
Pourtant, les intérêts bien connus des capitalistes déterminent leurs actions; si l’industrie du papier est moins profitable qu’avant, surtout à cause de l’Internet et des différents supports électroniques, il demeure que la baisse de la valeur marchande de ce produit affecte d’abord l’entrepreneur et son unique désir de capitaliser.
Pendant ce temps, lors des manifestations et des lignes de piquetage devant l’usine, certains travailleurs ont émis l’idée de créer une coopérative avec l’usine, si celle-ci faisait faillite. Ce projet suppose que le pouvoir et le profit seraient redistribués parmi les ouvriers. C’est peut-être un hasard, mais à partir du moment où ce projet de coop s’est fait entendre, les négociations ont repris: Sam Hamad, ministre du Développement économique, a réussi à parler avec Christopher Grant, président de la papeterie, et le syndicat a été autorisé à faire une contre-proposition. À noter que les travailleurs des deux autres papeteries appartenant aux Grant, situées à Rivière-du-Loup et à Gatineau, sont concernés dans la nouvelle convention que prépare le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP-FTQ).
C’est révoltant: dès que le prolétariat tente d’avoir du pouvoir, la bourgeoisie enclenche tout son appareil de contrôle afin de maintenir sa domination. Ce que nous pouvons faire, alors, c’est d’appuyer solidairement la lutte des travailleurs et travailleuses de la papeterie. Et ce que nous pouvons leur souhaiter, c’est de s’organiser collectivement et d’empêcher un capitaliste de gérer leur vie.
