Manipur: une révolution méconnue
Partisan No15Le 13 janvier 2012

En août 2011, le Parti communiste maoïste du Manipur (PCMM) a tenu sa première conférence politique, semant immédiatement l’émoi parmi les responsables indiens de la sécurité nationale. Après avoir été actif pendant quelques années sous un nom différent, le PCMM est rapidement devenu l’un des plus importants groupes armés dans l’État du Manipur. Le parti a notamment été impliqué dans une série de grèves et revendique un certain nombre d’embuscades et d’attaques contre des cibles policières et militaires.

Situé au nord-est de l’Inde, le Manipur a déclaré son indépendance en 1947; deux ans plus tard, le gouvernement indien l’a toutefois annexé. Le mouvement communiste y a rapidement pris racine. Dès 1948, un groupe armé – les Gardes rouges du Manipur – fut mis sur pied. Tandis que le mouvement communiste indien a traditionnellement eu tendance à ignorer le droit des nationalités opprimées à l’autodétermination, le peuple du Manipur n’a jamais reconnu le gouvernement indien et a toujours lutté contre la domination indienne. Même si le Manipur s’est vu accorder le statut d’un État en 1972, son gouvernement n’a de fait que très peu de pouvoir pour déterminer ses politiques fiscales et économiques.

Au cours des années 1970, des militants, dont N. Bisheswar Singh du Front uni de libération nationale, ont été influencés par le mouvement naxalite, la pensée-maozedong et la stratégie de guerre populaire prolongée. De la fin des années 1970 jusqu’au milieu des années 1980, divers groupes révolutionnaires ont mené des actions armées contre la police et des cibles militaires. Depuis 2009, le PCMM s’avère le plus important parti révolutionnaire dans la région. Il s’est allié avec le Parti communiste de l’Inde (maoïste) pour mener la lutte armée contre l’impérialisme indien et le semi-féodalisme.