Partisan No15 • Le 13 janvier 2012
En 1947, sous la pression des forces pakistanaises qui l’avait envahi, le roi hindou du Cachemire, Hari Singh, a demandé le soutien de l’armée indienne. Pour l’obtenir, il a dû accepter que le Cachemire soit intégré à la nouvelle République de l’Inde. Le roi a approuvé cette annexion, alors même qu’il était détesté par la quasi-totalité de la population – sauf pour la petite minorité hindoue – à la suite de décennies d’intolérance religieuse. Pour l’État indien, le fait que le roi Singh était un monarque antidémocratique n’avait bien sûr aucune importance.
Un an plus tard, le cessez-le-feu signé par les forces indiennes et pakistanaises sous les auspices de l’ONU a entraîné la partition du Cachemire en diverses zones sous contrôle indien ou pakistanais. Le référendum en vertu duquel les Cachemiris étaient censés se prononcer sur leur avenir politique n’a finalement jamais été tenu.
Le contrôle politique des diverses parties du Cachemire s’avère important, à la fois pour l’Inde et le Pakistan, qui en tirent chacun un avantage militaire. De fait, les intérêts géopolitiques des deux États ont fini par éclipser le droit du peuple cachemiri à l’autodétermination.
La lutte pour la libération du Cachemire est aussi vieille que celle pour l’indépendance de l’Inde. Le peuple du Cachemire n’a jamais voulu faire partie de l’Inde, ni du Pakistan; depuis 1949, les Cachemiris n’ont cessé de lutter pour leur indépendance politique.
De 1947 à 1987, il y a eu toute une série d’actions plus ou moins coordonnées contre le gouvernement indien. L’année 1977 a vu la création d’une organisation nationaliste laïque, le Front de libération du Jammu et Cachemire (JKLF). En 1989, une insurrection populaire généralisée a été déclenchée sous la direction du JKLF et de diverses forces islamiques, avant d’être violemment réprimée par le gouvernement indien. En 2008, un nouveau soulèvement social a vu le jour et a reçu l’appui public d’intellectuels dont Arundhati Roy.
