«Nous voulons la révolution, et rien de moins!»
Partisan No8 • Le 9 septembre 2011
Il suffit de regarder autour de nous pour constater que le monde dans lequel on vit est en plein bouleversement. Le système capitaliste mondial est enfoncé dans la crise. Les guerres d’agression et les destructions de toutes sortes se multiplient. L’oppression et l’exploitation de milliards de prolétaires ne cessent de s’accroître. Des centaines de millions de personnes appauvries n’ont même pas de quoi manger à leur faim. Et pendant ce temps, une petite minorité, elle-même concentrée dans une poignée de pays riches, n’a jamais autant vécu dans l’opulence.
Ce monde profondément injuste ne l’a sans doute jamais été autant que maintenant. Et nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à vouloir le changer; à vouloir vivre autrement, dans un monde où l’égalité, la coopération et la lutte pour la satisfaction des besoins de la majorité auront remplacé l’exploitation, l’égoïsme et la domination d’une minorité de profiteurs. C’est cette aspiration à une société juste, au socialisme, qui anime les grandes mobilisations et les soulèvements de masse auxquels on assiste depuis la fin de l’année 2010.
Parce qu’elle compte parmi les premières victimes du capitalisme mondial, la jeunesse prolétarienne est au cœur de tous ces combats. Ce fut le cas en Tunisie, en Algérie et au Maroc. Ce le fut aussi en Égypte, en Grèce et en Espagne. Ça l’est encore en Syrie, au Chili et en Grande-Bretagne.
Le grand révolutionnaire chinois Mao Zedong disait que «là où il y a oppression, il y a résistance». L’on pourrait ajouter que là où il y a résistance, la jeunesse est toujours présente. Elle l’est, parce qu’elle ressent mieux que personne d’autre à quel point l’avenir que nous réserve le capitalisme sera de plus en plus insupportable. Elle l’est aussi parce qu’elle n’a pas envie de baisser les bras et qu’elle est prête à se battre pour un avenir meilleur.
Partout dans le monde, les jeunes des classes travailleuses et populaires sont excluEs et marginaliséEs. Dans le pire des cas, certains sont conscrits dès leur plus jeune âge et forcés de travailler dans des conditions de misère, parfois même sans salaire. Des centaines de milliers de jeunes filles sont condamnées à se prostituer, dans l’espoir le plus souvent vain de pouvoir ainsi ramener de quoi nourrir leurs frères et sœurs. Ce sont encore eux et elles qui sont forcéEs de servir de chair à canon dans des armées réactionnaires, afin de satisfaire les visées hégémoniques de ceux qui les commandent.
Dans les pays capitalistes que l’on dit «avancés», les jeunes des milieux populaires sont amenés dès l’enfance à se soumettre et à accepter leur place de subordonnés, à l’école comme au travail. Et s’ils rechignent, la police et le système judiciaire sont là pour les réprimer et leur rappeler qu’ils n’ont que le droit de se taire.
L’école et les grandes études ne sont pas faites pour les jeunes d’origine ouvrière. Elles ne leur sont pas réellement accessibles, ne serait-ce que financièrement. De fait, l’école capitaliste est une gigantesque machine idéologique qui sert à reproduire les classes sociales. Bien sûr, on permettra toujours à un petit nombre de jeunes d’origine ouvrière d’accéder aux études supérieures, de sorte à entretenir l’illusion que la mobilité sociale demeure possible. Mais il reste que de manière générale, le système d’éducation est ainsi fait que les enfants de prolétaires resteront prolétaires et que les fils de bourgeois succéderont à leurs riches géniteurs (n’est-ce pas Pierre Karl?).
Au travail, les jeunes sont surexploitéEs. Ils et elles se retrouvent dans les emplois les plus durs et les plus mal payés. En juillet 2011, le taux de chômage officiel des 15 à 24 ans était de 14,8% à l’échelle du pays, à comparer à 6,2% pour les 25 à 44 ans et à 5,9% pour les 45 ans et plus. Alors qu’ils et elles représentent 17% de la population active, les jeunes de 15 à 24 ans comptent pour 34% des chômeurs et chômeuses. Cette «armée industrielle de réserve», comme Marx l’appelait, est donc condamnée à accepter des jobs précaires et des salaires de misère.
En même temps qu’elle est surexploitée, la jeunesse prolétarienne est systématiquement sollicitée, politiquement et idéologiquement, par la bourgeoisie. On lui reproche de «décrocher» du système, de ne pas voter. On voudrait qu’elle soit docile et qu’elle accepte son sort sans trop se plaindre. On consentirait même à lui donner une place, si seulement elle acceptait de jouer le jeu et de participer au système bourgeois. Mais ce n’est pas ce à quoi elle aspire.
Et lorsqu’elle se soulève, comme elle l’a fait en Tunisie; lorsqu’elle se rebelle, comme elle l’a fait tout dernièrement en Angleterre, la jeunesse prolétarienne montre la voie. Son aspiration à la révolution et à la libération devient alors une inspiration, un signal à l’ensemble des oppriméEs.
Alors, vive le mouvement révolutionnaire de la jeunesse!
