Partisan No6 • Le 1er juillet 2011
Chaque année, le début de la période estivale coïncide avec un déferlement du nationalisme au Québec et au Canada. Le site Web du gouvernement fédéral nous invitait encore récemment à «célébrer le Canada», du 21 juin (journée nationale des Autochtones décrétée par l’État colonisateur) jusqu’au 1er juillet (fête du Canada), en passant par la Saint-Jean-Baptiste et la journée canadienne du multiculturalisme, le 27 juin. Comme travailleurs et travailleuses, nous n’avons rien à célébrer à ces diverses occasions; car nous n’avons rien en commun avec les capitalistes qui dirigent ce pays.
Le Canada (et le Québec) que la bourgeoisie voudrait que l’on célèbre, c’est celui d’une minorité de capitalistes, qui font la pluie et le beau temps et nous imposent leurs quatre volontés d’un bout à l’autre du pays. C’est celui du chômage, de la misère, des bas salaires et de la précarité auxquels un nombre toujours plus grand d’entre nous est condamné, tandis que les riches ne cessent de s’enrichir. C’est celui de la discrimination systémique à l’endroit des femmes, des jeunes et des personnes migrantes.
Le vrai visage du Canada, c’est celui qu’on a vu lors du sommet du G20 à l’été 2010, quand plus d’un millier de personnes ont été arbitrairement et illégalement arrêtées parce qu’elles ont osé s’opposer à la mainmise d’une poignée de dirigeants sur la planète entière. C’est celui que l’on voit dans les pays occupés par l’armée canadienne (Afghanistan, Haïti, Libye…) afin de maintenir le rapport de force en faveur des grandes puissances impérialistes. C’est le pillage et le vol des pays d’Afrique et d’Amérique latine par les minières et les autres multinationales canadiennes.
«Le Canada, comme les autres États nés de la conquête et de la pénétration européenne en Amérique, s’est construit dans la violence, l’exploitation et l’oppression des peuples autochtones.» Ce constat, que fait le Parti communiste révolutionnaire (PCR) dans son programme, c’est encore la réalité que vivent plus d’un million d’Autochtones, que le Canada maintient dans un statut permanent de personnes mineures en vertu d’une loi coloniale vétuste, voire génocidaire.
Ce numéro du journal Partisan se propose de dénoncer l’hypocrisie du discours nationaliste et patriotique de la bourgeoisie canadienne et de sa fraction québécoise. Le 1er juillet, et toutes ces «fêtes» de la bourgeoisie, ce ne sont pas les nôtres. Les fêtes que l’on célèbre, ce sont celles qui rappellent nos luttes et nos résistances et qui laissent entrevoir les révolutions à venir: le 8 mars, journée internationale des femmes; le 1er mai, journée internationale des travailleurs et travailleuses; et le 29 juin, journée d’action des peuples autochtones. Et nous le faisons en prenant la rue et en réaffirmant notre volonté de lutter jusqu’au bout pour mettre fin au vieux système bourgeois!
Ni Québec, ni Canada, mais le socialisme et la démocratie nouvelle!
