AKWESASNE
Agression caractérisée contre deux aînées de la nation mohawk
DRE No18222 juin 2008[web ou pdf]

Samedi dernier le 14 juin, deux aînées de la nation mohawk ont été sauvagement agressées par les douaniers de l’Agence des services frontaliers du Canada, alors qu’elles traversaient la frontière canado-américaine – une frontière tracée et imposée par le pouvoir colonial, qui divise le territoire mohawk d’Akwesasne. Les victimes, Katenies et Kahentinetha Horn, sont deux militantes connues, ayant notamment participé au soulèvement de l’été 1990 à Kanehsatake. Elles animent désormais l’excellent site Web www.mohawknationnews.com, qui fournit une impressionnante quantité d’informations et d’analyses sur les luttes de résistance des peuples autochtones et les méfaits commis par l’État canadien à leur endroit.

Alors qu’elles s’apprêtaient à franchir cette frontière purement artificielle, comme elles et les autres membres de la nation mohawk le font d’ailleurs régulièrement, les douaniers ont invoqué un vieux mandat pour procéder à l’arrestation de Katenies. Celle-ci avait en effet été arrêtée il y a cinq ans pour avoir prétendument franchi la frontière illégalement; l’affaire est toutefois demeurée pendante, l’accusée ayant volontairement choisi de ne pas se présenter devant les tribunaux canadiens, puisque ceux-ci ne devraient pas avoir juridiction sur les territoires autochtones.

Lorsqu’elle a été interpellée samedi dernier, Katenies a de nouveau réitéré qu’elle ne reconnaît pas l’autorité de l’Agence des services frontaliers du Canada. Quatre de ces douaniers nouvellement armés (résultat de la «lutte historique» menée par leur syndicat réactionnaire, allié au ministre de la Sécurité publique Stockwell Day, pour obtenir le port d’armes) se sont rués sur elle pour la jeter au sol et la menotter. Au même moment, quatre autres agents s’en sont pris à la conductrice du véhicule, Kahentinetha Horn (68 ans), parce que celle-ci refusait de sortir. Au moment où ils tentaient de la menotter, Mme Horn a subi une crise cardiaque. Heureusement pour elle, son frère, qui est avocat et qu’elle venait justement de contacter pour obtenir de l’aide, est arrivé sur les lieux, presque au même moment. Sa présence a favorisé l’intervention rapide des services ambulanciers, qui ont transporté la victime à l’hôpital de Cornwall, où elle est demeurée pendant trois jours à l’unité des soins intensifs. Aux dernières nouvelles, Mme Horn, dont la vie n’est plus en danger, devait être transférée dans un hôpital d’Ottawa, où elle recevra des traitements supplémentaires et une possible chirurgie.

Quant à Katenies, elle a comparu devant la Cour supérieure du district de Cornwall lundi dernier. La juge Leblanc (ça ne s’invente pas) l’a libérée en attente de sa comparution, fixée au 14 juillet prochain, malgré l’opposition de la Couronne qui souhaitait qu’elle demeure en prison.

Cet incident, qui aurait pu avoir des conséquences bien plus dramatiques, témoigne du harcèlement quotidien que subissent les membres des communautés autochtones, victimes des exactions et des tracas de toutes sortes commis à leur encontre par des autorités étrangères.

Les militantEs du PCR souhaitent un prompt rétablissement et beaucoup de courage à Mme Horn, qui n’en a jamais manqué. Nous exigeons également le retrait de toutes les accusations contre Katenies, la fin du harcèlement contre les Premières nations et la reconnaissance de leur droit à l’autodétermination!