La situation internationale: favorable ou défavorable?
DRE No23413 Juin 2010[web ou pdf]

Voici la traduction d’un article du camarade Gaurav, le secrétaire du Parti communiste unifié du Népal (maoïste), portant sur la situation internationale et son influence sur la révolution au Népal. Il s’agit d’un article important pour comprendre les débats qui ont cours parmi les forces révolutionnaires dans ce pays, ainsi que les enjeux auxquels elles sont confrontées. L’article est paru, originalement, dans les pages du magazine The Red Star, disponible sur KrishnaSenOnline.org. Une première version a été produite par nos camarades du Parti communiste maoïste de France: celle que nous publions a fait l’objet de quelques retouches de forme.

Le Drapeau rouge-express


Le mouvement communiste est un mouvement internationaliste. Le but de tous les communistes, s’ils le sont vraiment, c’est d’atteindre le communisme. Il ne faut pas se laisser berner par les vulgaires distorsions du communisme – qu’il s’agisse du «communisme national» ou encore, de «l’eurocommunisme». L’internationalisme des communistes peut être caractérisé par le principe suivant: «ou bien nous l’atteignons tous, ou bien personne ne l’atteindra». Telle est la base de l’internationalisme prolétarien.

Lorsque l’on parle de la situation internationale, ce n’est pas la même chose que l’internationalisme prolétarien. Mis à part la situation nationale, qui demeure décisive, le mouvement communiste finit invariablement par être influencé par la situation internationale. Le développement du mouvement communiste dans un pays donné dépend à coup sûr de la situation internationale, qui peut lui être favorable ou défavorable. Le succès ou l’échec de la révolution dans un pays donné en dépend aussi largement.

Souvent, le fait que la situation internationale soit jugée défavorable est utilisé (à tort) par les droitistes ou les révisionnistes pour justifier leur dégénérescence, de communistes ou révolutionnaires en révisionnistes ou politiciens bourgeois. Aucun révisionniste, où que ce soit dans le monde, ne s’est jamais déclaré «révisionniste»; ces gens-là tentent au contraire de se présenter comme révolutionnaires et communistes.

La classe capitaliste est une classe qui exploite et opprime. Il est donc tout à fait naturel que les politiciens qui représentent ouvertement les intérêts de cette classe ne parviennent pas à gagner l’adhésion des larges masses. Aussi, les révisionnistes, qui représentent les intérêts de la bourgeoisie, se déguisent-ils en «communistes». Les révisionnistes dénaturent la ligne et la situation révolutionnaires pour servir la bourgeoisie. Ils sabotent la révolution de l’intérieur. Les mots tels «communisme» et «révolution» sont les masques sous lesquels les révisionnistes cachent leur vilaine face bourgeoise.

Les révisionnistes contemporains retardent ou arrêtent systématiquement la révolution, sous prétexte d’une situation internationale «défavorable». Ils entretiennent depuis très longtemps l’idée «qu’aucune révolution ne peut avoir lieu si la situation internationale est défavorable»; et pour eux, la situation internationale l’est de manière permanente.

La conclusion logique, c’est qu’il est impossible de faire la révolution. Par conséquent, quand vient le temps d’évaluer la situation internationale, nous devons éviter de tomber dans le piège tendu par les révisionnistes et de croire que la situation sera toujours défavorable.

Nous devons être objectifs dans notre évaluation de la situation internationale; il nous faut adopter une approche maoïste. Il y a certes des facteurs défavorables, que nous ne pouvons ignorer. Mais il y a aussi certains facteurs favorables, dont nous devons tenir compte. Nous tenterons donc d’esquisser un bref survol des aspects plus lumineux, et aussi des aspects sombres de la situation internationale actuelle.

Absence d’une organisation internationale

Il n’y a pas d’organisation internationale puissante, ni de centre international fort qui regroupe les partis communistes en ce moment. La Troisième Internationale, qui fut mise sur pied à l’initiative de Lénine, a été démantelée pendant la Deuxième Guerre mondiale, sur ordre des pays capitalistes et impérialistes, afin d’ouvrir la voie au «front uni antifasciste» contre l’Allemagne impérialiste et fasciste.

Il semble que l’intention de Staline, qui devint le principal dirigeant de la Troisième Internationale après la mort de Lénine, n’était nécessairement pas de dissoudre l’Internationale communiste de façon permanente. Staline a formé le Kominform (Bureau d’information des partis communistes) à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais l’organisme est loin d’avoir atteint le niveau de développement d’un véritable centre comme le Komintern l’avait été. Peu à peu, le Kominform s’est enlisé dans la passivité et il est mort de sa belle mort.

Aujourd’hui, nous avons un centre embryonnaire de partis et d’organisations communistes, le Mouvement révolutionnaire internationaliste (MRI), mais sa force demeure limitée.

Absence d’un bloc socialiste

Il est vrai qu’il n’existait pas de centre international comme le Komintern au moment où la révolution chinoise a triomphé en 1949. Mais il y avait tout de même l’URSS et le bloc socialiste, qui lui ont donné un soutien important.

Il n’existe pas un tel bloc socialiste international aujourd’hui, sur lequel nous pourrions compter. C’est le côté le plus sombre de la situation internationale actuelle. On peut penser que s’il y avait eu une base socialiste internationale, la révolution de démocratie nouvelle aurait triomphé il y a bien longtemps, et la société népalaise serait déjà à l’étape de la construction du socialisme.

Faiblesse du mouvement ouvrier international

Il est également vrai qu’il n’y avait pas non plus d’Internationale communiste, ni de bloc socialiste en 1917, au moment de la révolution d’Octobre. Mais il y avait un puissant mouvement ouvrier en Europe, et la révolution socialiste était sur le point d’aboutir en Allemagne. La force du mouvement ouvrier fournissait un appui très solide à la révolution russe. Mais nous ne pouvons actuellement compter sur aucun mouvement ouvrier digne de ce nom, sur quelque continent.

L’hostilité des pays impérialistes entre eux n’est pas maximale

Il y a un facteur international analogue entre les révolutions russe et chinoise: c’est que la première a triomphé pendant la Première Guerre mondiale, alors que la deuxième fut victorieuse au terme de la seconde. Cela ne signifie pas, en soi, qu’une guerre mondiale soit un élément essentiel à la réussite de quelque révolution.

Mais il convient néanmoins de noter que lors de chacun des deux grands conflits, les puissances impérialistes s’entre-égorgeaient, littéralement. Chaque pays impérialiste était l’ennemi d’au moins un autre pays impérialiste. L’hostilité entre les pays impérialistes était si féroce que l’existence de l’un dépendait de l’élimination de l’autre. Dès lors, ces pays avaient peu de temps à consacrer à lutter contre les forces communistes.

Il existe certes des contradictions entre les diverses forces impérialistes aujourd’hui, mais elles n’atteignent pas un niveau d’hostilité tel que ces forces iraient jusqu’à tenter de s’éliminer réciproquement.

La situation est-elle donnée ou peut-elle être «créée»?

Quand nous parlons du caractère favorable ou défavorable de la situation internationale, il faut considérer plusieurs aspects. Premièrement, la situation internationale peut être favorable à un moment donné; alors, les révolutionnaires auront l’opportunité de l’utiliser comme appui extérieur à la révolution. Si telle est le cas, c’est tant mieux: tout parti révolutionnaire souhaitera qu’une telle situation se présente. Une situation favorable de la sorte sera toujours la bienvenue. Mais nos vœux ne déterminent pas tout, et ce ne sont surtout pas eux qui déterminent la situation internationale.

Deuxièmement, le devoir des révolutionnaires est de créer une telle situation qui favorise le développement et le succès de la révolution. Les révolutionnaires n’attendent pas que la bonne fortune leur tombe du ciel. La situation peut être ou ne pas être entièrement favorable. Si nous ne pouvons créer une situation entièrement favorable, nous devrions essayer de créer une situation qui le soit au moins de manière relative. Et si nous ne pouvons même pas créer une telle situation relativement favorable, nous devrions nous efforcer d’en créer une qui ne soit pas préjudiciable à la révolution. À l’ère de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne, il est généralement difficile pour les communistes révolutionnaires de pouvoir compter sur une situation internationale favorable toute faite.

Troisièmement, une situation, qu’elle soit favorable ou défavorable, n’est pas un phénomène statique. Elle peut évoluer dans un sens ou dans l’autre. D’ailleurs, la révolution elle-même est susceptible d’entraîner un changement dans la situation internationale, qui peut se trouver soudainement bouleversée. Ainsi, une situation relativement défavorable peut devenir relativement favorable ou du moins, ne pas s’avérer préjudiciable à la révolution. C’est d’ailleurs ce qui s’est produit avec la révolution népalaise.

Quand nous avons déclenché l’historique guerre populaire le 13 février 1996, la situation internationale n’était pas du tout favorable à la révolution. Les 11 longues années de guerre populaire ont toutefois produit des changements, tant sur le plan national qu’international. Il est évident que la situation internationale est moins défavorable aujourd’hui pour la révolution qu’elle l’était au début de la guerre populaire.

Nous allons maintenant évoquer quelques facteurs en émergence qui s’avèrent relativement favorables au plan international.

Émergence de nouvelles forces anti-impérialistes

Analysant la situation internationale, Mao en était venu à la conclusion que l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine étaient devenues les «maelströms» de la révolution mondiale. Dans une bonne mesure, cela reste le cas.

Une vague révolutionnaire a déferlé en Amérique latine au temps de la révolution cubaine, qui s’est poursuivie durant les années 1960 et 1970. Après le sanglant coup d’État au Chili en 1973, le mouvement communiste latino-américain a subi d’importants revers. Néanmoins, la lutte anti-impérialiste a continué dans la plupart des pays d’Amérique latine, quoiqu’à un niveau différent.

Depuis six ou sept ans, une vague anti-impérialisme US est apparue dans la plupart des pays sud-américains. Des partis se réclamant du «socialisme bolivarien» ont remporté les élections présidentielles ou parlementaires. Certains gouvernements tel celui du Venezuela ont suscité la colère de l’Administration nord-américaine, en nationalisant les grandes compagnies pétrolières, propriétés de grosses firmes capitalistes états-uniennes. Les autres «gouvernements socialistes» suivent la même ligne. Le gouvernement Chavez a déchaîné la fureur des États-Unis encore tout récemment, quand il a signé un important contrat d’armement avec la Russie.

Nous devrions considérer ces récents développements comme un facteur favorable sur le plan international. Ces événements sont hautement significatifs, surtout dans un contexte où il n’y a plus de bloc socialiste pour soutenir la révolution.

Une crise économique sévère

La grave crise économique qui a submergé le monde impérialiste a ébranlé tout le système. C’est la plus grave crise économique à avoir secoué le système impérialiste depuis 70 ans. Cette crise n’a toujours pas été surmontée. Certains économistes affirment que la réplique de ce séisme économique est encore à venir et qu’elle sera encore plus dangereuse. Le système impérialiste a été si affaibli qu’il est entré en mode «survie».

Pendant de nombreuses années, les mouvements révolutionnaires en Europe et aux USA ont semblé en état d’hibernation. Les classes dominantes craignent à nouveau un soulèvement à l’intérieur de leurs citadelles. Il semble que le système impérialiste ne pourra pas surmonter une nouvelle crise, comme celle qui devrait se produire d’ici quelques années, dans la mesure où il n’y a aucune reprise significative à l’horizon. Nul doute qu’une telle crise sera surmontée par la révolution.

L’attrait du socialisme

L’histoire du mouvement communiste a démontré que ce n’est pas l’intervention extérieure des puissances impérialistes qui a détruit le mouvement socialiste ou communiste: celui-ci a en effet été détruit de l’intérieur. Ce sont les tenants de la voie capitaliste à l’intérieur des partis communistes qui se sont avérés les véritables démolisseurs du mouvement communiste et du socialisme, qui avait été construit grâce à une puissante révolution. Au milieu du XXe siècle, plus de la moitié de la planète et des peuples qui l’habitaient s’étaient libérés du capitalisme et bénéficiaient du socialisme.

Le monde était alors divisé en deux blocs rivaux – l’impérialisme et le socialisme – entre lesquels il y avait un certain équilibre des forces. Le socialisme était la force montante, alors que l’impérialisme était sur une pente descendante. Apparemment, le socialisme se dirigeait vers une victoire planétaire et l’idéal communiste de Marx semblait sur le point de se réaliser. La destruction du socialisme a commencé de l’intérieur même du bloc socialiste. La restauration du capitalisme a débuté en 1956 sous la direction de Khrouchtchev, qui était à la tête du Parti communiste de l’Union soviétique, dans ce qui avait été le premier pays socialiste, la Russie. Cela s’est propagé comme un incendie de forêt.

Plus tard, la Russie a dégénéré et est devenue social-impérialiste. C’en était fait du socialisme. Durant les années 1990, une vague «antisocialiste», appuyée par l’impérialisme US, a déferlé sur les pays de l’ancien bloc prosoviétique, qu’on avait coutume de qualifier de «socialistes».

Il semble que le vent antisocialiste se soit essoufflé dans les pays occidentaux et que l’on commence à y reparler du socialisme. Les pays capitalistes et impérialistes avaient pris soin de fournir aux masses quelques protections élémentaires, afin de les dissuader de se tourner vers la révolution socialiste. Depuis que le socialisme a été détruit, les capitalistes n’ont plus à rivaliser avec lui. Aussi sont-ils en train de retirer une après l’autre toutes ces protections qu’ils avaient mises en place au nom de la «sécurité sociale».

Souvent, les pauvres n’ont pas d’allocations de chômage, ou s’ils en ont une, celle-ci s’avère misérable. L’accès aux soins de santé leur est de plus en plus restreint. Aussi, l’attirance pour le socialisme grandit; à tout le moins, la tendance à la haine du socialisme semble s’être tarie, même dans les pays où le «socialisme» a été détruit par de puissantes mobilisations de masse. Nous devrions voir là une autre tendance positive.

Les contradictions interimpérialistes existent toujours

À l’heure actuelle, il n’y a pas de guerre mondiale. Toutefois, les guerres se multiplient, qu’elles soient à caractère régional ou qu’il s’agisse de «guerres par procuration». Ces guerres donnent naissance à de nouvelles forces anti-impérialistes et incitent les masses à se soulever par millions contre les agresseurs.

Les rivalités interimpérialistes pour le pillage des richesses des pays opprimés n’ont pas disparu; de fait, elles dureront aussi longtemps que l’impérialisme. Lénine disait que «l’impérialisme, c’est la guerre», et cela demeure une grande vérité. Les communistes peuvent opportunément profiter de ces contradictions.

Des forces maoïstes de plus en plus puissantes

Après la mort de Mao, le mouvement communiste international a accusé un sérieux recul. Le déclenchement de la guerre populaire au Pérou dans les années 1980 et sa progression de la défensive stratégique jusqu’à l’équilibre stratégique ont suscité un grand enthousiasme chez les communistes révolutionnaires à l’échelle internationale. Malheureusement, la révolution péruvienne a subi un important revers avec la capture de son dirigeant suprême Gonzalo et de plusieurs dirigeants du parti entre 1992 et 1994.

Avant que ces événements aient pu causer de graves dommages au sein du mouvement communiste international, la guerre populaire initiée sous la direction du Parti communiste du Népal (maoïste) s’est développée par bonds. En 10 ans, la révolution népalaise a atteint l’étape de l’offensive stratégique, ce qui a généré un formidable enthousiasme dans le monde entier.

Au cours des dernières années, la guerre populaire en Inde s’est développée très rapidement. Le gouvernement central de l’Inde reconnaît désormais que «le mouvement naxalite [le terme qui désigne les maoïstes en Inde] représente la plus importante menace pour l’État indien». On rapporte que le parti maoïste a établi une base d’appui solide au Dandakaranya, dont la superficie équivaut presque à la totalité du Népal. La force croissante des maoïstes indiens représente un développement positif pour la révolution au Népal.

Le facteur Chine-Inde-USA

Le Népal partage avec l’Inde, son voisin du sud, une frontière de plus de 1 800 kilomètres; au nord, la frontière entre le Népal et la Chine s’étend sur un millier de kilomètres. Le Népal se trouve donc «coincé» entre ces deux géants. Par le passé, les rapports entre la Chine et l’Inde ont parfois été hostiles, notamment à l’époque de la guerre d’Indochine en 1962. Mais ce facteur d’hostilité n’existe plus.

De même, les USA et la Chine entretenaient de très mauvaises relations dans le passé. Il ne semble pas qu’une telle hostilité existe encore entre ces deux puissances. À l’heure actuelle, la Chine a de bons liens économiques et de bonnes relations commerciales avec les USA et l’Inde. Mais les USA, parce qu’ils sont la plus forte puissance impérialiste et la seule superpuissance, n’aiment pas que la Chine «socialiste» émerge en tant que pays prospère et puissant. Bien que les États-Unis soient à l’heure actuelle la seule superpuissance, ils sont sur leur déclin. Le pays n’est pas encore sorti de la crise qu’il subit depuis deux ans. Sur le plan économique, il devient de plus en plus difficile pour les USA de soutenir la concurrence avec la Chine.

Quand on y regarde de plus près, on constate que la relation entre la Chine et l’Inde n’est pas en si bonne santé que ça. La vieille dispute frontalière entre les deux États, en particulier dans l’État de l’Arunachal Pradesh, n’a pas encore été résolue. Parallèlement, la bonne entente qui existe entre le Pakistan et la Chine est aussi un facteur de mésentente entre les deux pays. En résumé, il y a comme une rivalité sous-jacente qui se poursuit, d’une part entre la Chine et les USA; d’autre part entre la Chine et l’Inde.

Dans les circonstances, les USA se plaisent à contenir la Chine par divers moyens. Le Tibet et le dalaï-lama sont un des facteurs que les USA et l’Inde utilisent pour réfréner la Chine. Apparemment, les rapports commerciaux entre la Chine et l’Inde semblent au beau fixe. Il n’en demeure pas moins que l’Inde abrite le «gouvernement en exil» du dalaï-lama à Dharamsala, une ville de l’État de l’Himachal Pradesh. Le dalaï-lama se bat toujours pour un «Tibet libre», avec le soutien des USA, de l’Inde et de plusieurs pays impérialistes. Tirant profit de sa frontière avec le Tibet et du fait qu’il s’agit d’un pays économiquement pauvre qui dépend de l’Inde et des USA, ils essaient d’utiliser le Népal comme base pour déployer le mouvement pour un «Tibet libre». Se servant de la religion bouddhiste comme couverture, ils concentrent leurs forces antichinoises dans la région himalayenne et à Katmandou. Le risque grandit de voir le Népal servir de champ de bataille pour le mouvement pour un «Tibet libre».

Les dirigeants chinois actuels sont très au fait de la situation. Ils savent que la plupart des partis politiques népalais sont tout dévoués envers les puissances étrangères et que tant qu’ils seront au pouvoir, ces partis pourront servir d’instruments pour faciliter le mouvement antichinois au Népal. Ils savent aussi que seul le parti maoïste pourra freiner le mouvement pour un «Tibet libre». Il s’agit d’un autre facteur très important, qui pourrait s’avérer favorable à la révolution népalaise et au nouveau Népal.

Conclusion

Au vu de ce qui précède, on peut conclure qu’aujourd’hui, la situation internationale n’est pas manifestement favorable à une révolution qui soit dirigée par un parti communiste authentique.

Jouir d’une situation internationale favorable toute faite, c’est ce dont nous pouvons rêver et à coup sûr, nous nous réjouirons tous si cela se produit. Mais se retrouver face à une telle situation est chose difficile. Notre responsabilité ne peut se réduire à analyser la situation et affirmer que la situation n’étant pas favorable, la révolution ne peut pas se faire, ni au Népal ni en quelque autre partie du monde. À l’heure actuelle, cette situation internationale défavorable est devenue un prétexte pour les partis réformistes et les partis «communistes» dégénérés pour justifier leur décrépitude.

Le marxisme-léninisme-maoïsme nous enseigne que si la situation n’est pas favorable, nous ne devons pas rester les bras croisés; nous devons plutôt nous activer à la transformer, pour qu’elle le devienne. Il ne faut pas oublier que la révolution elle-même peut contribuer à changer la situation défavorable en une situation favorable.

En ce qui nous concerne, quand nous avons déclenché la guerre populaire, la situation n’était pas très favorable; aujourd’hui, elle l’est beaucoup plus qu’en 1996. Le développement de la guerre populaire a créé une situation plus favorable, ou sinon moins défavorable qu’elle l’était. La situation internationale actuelle n’est certes pas très favorable à la révolution, mais elle n’est pas non plus si défavorable que ça. Si les partis maoïstes prennent plus d’initiatives, cette situation sera encore moins défavorable, et elle pourrait même devenir favorable, dans une certaine mesure.

Par conséquent, pour les communistes révolutionnaires authentiques, la situation internationale actuelle ne doit pas être considérée comme un obstacle si important; le mouvement révolutionnaire peut s’amplifier et la révolution l’emporter. Espérons que la révolution népalaise pourra triompher dans un avenir proche!


C. P. Gajurel («Gaurav»)
Secrétaire du Parti communiste unifié du Népal (maoïste)