Les femmes aux premiers rangs de la révolution
DRE No203 • 21 février 2009 • [web ou pdf]
Les articles qui suivent, traduits de la presse indienne, témoignent de la forte participation des femmes à l’intérieur du mouvement révolutionnaire qui se déploie actuellement dans ce pays. Il faut les lire en tenant compte des préjugés qui caractérisent la presse bourgeoise.
– Le Drapeau rouge-express
Leurrée par un informateur, la police est tombée dans le piège tendu par les maoïstes
C'est une femme appelée Narmada qui a dirigé l'attaque maoïste mortelle ayant fait une quinzaine de victimes parmi les forces policières, qui a eu lieu le dimanche 2 février dans le district de Gadchiroli, dans l'État du Maharashtra. Elle était également assistée d'une femme appelée Taraka, mieux connue sous le nom de Vimlaa. C'est du moins ce que des sources au sein des services de renseignement nous ont confié sous le couvert de l'anonymat. Les mêmes sources rapportent que l'attaque s'est produite dans la jungle près du village de Markegaon, situé à environ 300 kilomètres au sud-est de la ville de Nagpur. L'opération aurait été menée conjointement par les unités des districts de Gadchiroli et du Bastar du Nord du Parti communiste de l'Inde (maoïste).
Âgée de 44 ans, l'ex-étudiante universitaire de l'État d'Andhra Pradesh aurait pris les commandes de l'unité maoïste peu de temps après la mort de son ancien chef, Shivanna, qui a perdu la vie l'année dernière lors d'un affrontement avec la police dans l'État du Chhattisgarh. Narmada serait par ailleurs l'épouse d'un dirigeant maoïste, Sudhakar (alias Kiran), qui œuvre au sein du département de propagande de la bande armée.
Taraka, son adjointe - une fille d'origine tribale du district de Gadchiroli - est elle aussi l'épouse d'un leader maoïste senior et membre du comité central du groupe, Bhupathi.
Depuis qu'elle occupe sa nouvelle fonction, Narmada a confié à des femmes plusieurs postes clé de son organisation. La plupart des pelotons sous sa direction, qui regroupent chacun entre 10 et 15 maoïstes armés, sont commandés par des femmes.
La police de l'État du Maharashtra a lancé une opération d'envergure pour retrouver le groupe. Plus de 2 000 hommes lourdement armés ont été déployés pour ratisser le secteur, qui se trouve à environ 80 kilomètres de route du quartier général du district. Selon l'unité d'opération étatique anti-naxalite, quelque 70 policiers ont été tués par les maoïstes dans les districts de Gadchiroli et de Gondia depuis l'an 2002. Les naxalites du People's War Group et du PCI (maoïste) qui lui a succédé, sont actifs dans ce secteur depuis le début des années 1980.
Le chef de police de l'État du Maharashtra, A.N. Roy, a nié les informations ayant été rapportées dans les médias à l'effet que les corps des policiers tués avaient été mutilés.
Selon les enquêteurs, tout porte à croire que les maoïstes ont bénéficié de renseignements en provenance d'un informateur infiltré au sein de la police, qui leur aurait communiqué le détail des allées et venues des policiers. Ces derniers étaient en route pour enquêter sur la destruction d'un tracteur et d'un rouleau compresseur par les maoïstes lorsqu'ils ont été pris en embuscade.
(Article paru dans le Hindustan Times, le 3 février 2009)
Ce sont les femmes qui mènent, même parmi les naxalites [sic]
Une enquête récente nous apprend qu'au moins 74 femmes font partie du groupe de quelque 290 naxalites [1] qui forment le noyau dur du mouvement dans les zones les plus affectées par la guérilla dans l'État du Maharashtra.
Et ces femmes ne font pas que grossir les rangs de la guérilla. En effet, elles sont au moins trois à faire partie du comité de division des naxalites. L'on compte aussi pas moins de neuf commandantes, trois commandantes régionales et deux commandantes adjointes. De fait, les statistiques montrent que les hommes sont désormais surpassés en nombre par les femmes au niveau des postes de direction et de commandement au sein de la guérilla.
Deux membres du comité de division, Narmada et Tarakka, opèrent dans la région de Gadchiroli, tandis qu'une autre (Sujanakka) travaille plus au nord. Selon une source policière, «Narmada est cependant moins active sur le terrain en raison de son âge, mais elle joue encore un rôle important au niveau de la planification stratégique, étant donné son expérience et ses connaissances topographiques accumulées depuis plusieurs années au sein de la guérilla».
Cinquante-sept femmes feraient également partie d'une force de soutien supplémentaire de la guérilla. Le rôle des femmes a fait l'objet de nombreuses spéculations depuis l'attaque mortelle du 2 février qui a coûté la vie à une quinzaine de policiers dans les environs du village de Markegaon.
Des rumeurs font notamment état de la présence à cette boucherie d'une dénommée Jyoti, par ailleurs commandante du groupe maoïste Tippagarh Dalam et épouse d'un membre du comité spécial de la zone de Dandakaranya. [...]
Selon une autre source, «des femmes vont même jusqu'à assumer en parallèle la direction de la communauté et le commandement d'un peloton. Certaines, telle Kasansur (Dhani), sont également membres du comité régional.» [...]
Une source bien informée affirme toutefois que «bien que certaines doivent leur ascension au mérite, la plupart des femmes qui occupent un poste de direction ne sont là qu'en raison de l'influence de leurs maris». [re-sic!]
(Article paru dans le Times of India, le 20 février 2009)
[1] C'est le nom qu'utilise la presse pour parler des maoïstes.
